LCB

France Blog

Un état des lieux de la production numérique en France

Marie-Anne et Isabelle Lambert | 04/06/2009 | Digitization

Pour transmettre une photographie d’ensemble de la production du livre numérique en France, nous avons interrogé des directeurs du développement numérique, des responsables éditoriaux et des responsables de production de quelques groupes d’édition (*). Notre objectif était de savoir quelle offre était disponible et sous quels formats, pour quelles applications et à quels horizons. Certains ne nous ont pas répondu ou nous ont donné peu d’informations. Le tableau ci-dessous synthétise leurs réponses ; réponses que l’on peut facilement projeter aux autres acteurs d’une même spécialité éditoriale avec, vraisemblablement un temps de décalage pour les petites maisons d’édition.

Les domaines couverts par cet état des lieux abordent les principaux secteurs éditoriaux : littérature générale, scolaire, sciences humaines, sciences et techniques, édition professionnelle et jeunesse. Il ressort de ces entretiens que la majorité des éditeurs des groupes sont dans une phase de réflexion active et que dans un proche horizon ils passeront une très grande part de leur production en XML de façon à l’adapter aux multi supports ensuite. Certains effectuent effectuent la conversion e.pub pour les readers.

En revanche la bande dessinée et le scolaire ne seraient pas encore ou peu souvent passés sous XML ; ceci nous a été confirmé par Patrick Gambache, directeur de Delagrave (éditeur scolaire) et de J’ai Lu (poche) et par ailleurs en charge du numérique chez Flammarion, groupe assez vraisemblablement représentatif de la tendance dans ces deux secteurs éditoriaux : « la BD et le scolaire à cause de l’iconographie et des contraintes de lecture (la plupart des manuels étant conçus sur une logique de double page et les BD de planches, ils ne sont donc pas facilement visionnables, sauf en ajoutant des outils pour zoomer, surligner… )». De plus, l’équipement dans les établissements scolaires français en tableaux interactifs est très réduit, contrairement à d’autres pays européens comme l’Angleterre, les éditeurs scolaires et parascolaires français s’attachent donc plutôt à constituer des ressources numériques, mais dans une autre logique que la simple transposition des livres papier dans leur intégrité vers un support numérisé, voire à transférer certaines activités vers des sites internet, comme Paraschool.com, un « pure-player » récemment racheté par Editis. Et de leur côté, les éditeurs de BD commencent à envisager de tester le modèle japonais sur téléphone mobile.

Enfin pour les secteurs non couverts par cet état des lieux, signalons que les éditeurs de guides et de pratique des groupes d’édition sont vraisemblablement aussi en train de numériser leur offre, mais avec la concurrence d’internet, la mutation de ce secteur n’est pas simple. A part le routard.com, site de la célèbre collection qui est devenu enfin retable grâce à la publicité, aucun n’a encore réussi à trouver un modèle économique numérique profitable.

En résumé(0)

Entité

% production convertie en XML

% production PDF adaptée du PDF imprimeur pour mise en ligne consultable,téléchargeable

%  production en PDF pour le  Web (1)

production impression numérique (ISD)

Petits tirages

Editeur institutionnel (2)

60%

100 %

 

25 %  en HTLM ; dans quelques mois 50 à 60%

50% en Excel pour les tableaux et graphiques. Objectif 100% HTLM

10%

Nouveautés : pour chaque titre un certain nombre d’ex. en « preliminary copies ».

Place des Editeurs Sogedif (Plon, Perrin, Univers Poche, Belfond, Solar, …), groupe EDITIS

100 % pour la littérature

 

90% pour l’ensemble Sogedif

Recherche de solutions en cours pour le scolaire : le passage PAO / XML

Rien., mais tout est archivé depuis 4 ans en PDF  imprimeur, en natif   et en XML pour l’ensemble du groupe.

Depuis quelques semaines le PDF Web est produit en même temps que le e.Pub

Sur l’ensemble Sogedif :

Pré-tirages : 20 ex. et 200 ex. en avance (250 titres/an);

Réimpressions  : tirages entre 300 et 1 200 ex. (100 titres/ an)

Groupe Hachette

 

100% littérature générale

 

80% Universitaire et professionnel

 

10% PDF Web et e.Pub

Réimpressions : toutes  en littérature ; Nouveautés : 60 %

Tirages : 200 à 3 000 exemplaires

Groupe Gallimard

 

Jeunesse : rien pour l’instant,  réflexion est en cours

 

Adulte : passage en XML pour les nouveautés

2 à 5% des nouveautés

 

 

Les livres du fond ont été numérisés et retraités en PDF 

Jeunesse : Phase de tests

 

Littérature jeunesse : 200 ou 300 ex.

 

 

Adulte : uniquement pré-tirages à 20 ou 30 ex.

Bayard

 

 

 

 

 

Jeunesse : rien pour l’instant mais projet d’archivage et passage XML

 

 

Adulte (religieux, sciences humaines) :

15% du catalogue

50 % des nouveautés.

En 2010 Toute la production

Cyber libris, Fnac

5% du catalogue

 

 

Rien

 

Rien

 

 

 

 

20 à 30%

 

En 2010 : Toute la production

 

 

 

 

Réimpressions : 2 à 3% seulement car

    - les offres offset démarrent à 700/800 ex. ;

     - volonté de ne pas réimprimer en dessous d’un certain chiffre de tirage.

Magnard/Vuibert (scolaire / universitaire)

 

Rien, mais archivage des fichiers natifs prêts à passer en XML, seulement si l’investissement en vaut la peine.

 

2 à 3% d’extraits

Réimpressions : 8 %

Flammarion

 

100% des nouveautés, sauf BD et scolaire

Rien sauf des couverture pour la promotion

Des extraits en ligne 30%

Pour les services de presse : 30 à 200 ex.  pour 90% des titres

Elsevier/Masson

Une grande partie

En réflexion

 

 

Légende des têtières : (0) : Ces chiffres ne sont qu’indicatifs ; (1) le PDF web est obtenu en enrichissant avec des index, répertoires. Ceux qui génèrent des PDF Web (liens avec index, répertoire…) dans le même temps effectuent la conversion e-pub pour les readers. Le e-pub n’est pas pour l’instant idéal pour les schémas et tableaux. Le PDF Web est en base déf sans les traits de coupe et on y ajoute des index, des signets pour la navigation; (2) chez l’éditeur institutionnel, toute la production est disponible (en 1 couleur) « on demand » chez Amazon/Google.

Corlet

Michel Thierry, responsable commercial 

02 31 59 53 00

Nombres d’éditeurs clients : 1 500 environ pour une production de 10 000 titres par an

Pour le POD (printing on demand) :

·          Chiffres de tirage moyens entre 150 et 250 ex, mais également des tirages à 500/600/1000

·          Progression C.A numérique assez faible car si le nombre de titres augmente, les tirages baissent

·          Beaucoup d’éditeurs pour lancer une collection font un petit tirage avant de passer à l’offset si ça marche.

Nord compo

Armand Berry , directeur général

03 20 41 40 01 ligne

·          Compositeur (ne fait pas d’impressions) ; Nord Compo fait un cheval de bataille de la structuration des contenus. Travaille avec les grands groupes et pas mal de petits.

·          L’intérêt pour le XLM est variable d’un éditeur à l’autre

·          Pour le juridique, l’universitaire et la littérature générale : toute la compo qui leur est confiée passe en XML.

·          Tous les éditeurs sont à la recherche de solutions pour le passage de la PAO en XML

Laballery

Sarah Baju, relations publiques

01 43 37 46 00

Le panel de clients est composé de grands et de petits éditeurs.

·          Tous les petits éditeurs utilisent le numérique pour leurs nouveautés et les grands pour l’instant pour les réimpressions

·          En pourparler avec Flammarion, Hachette, Belin pour proposer un modèle économique de séries de petits tirages et de stockage ; une solution qui peut être intéressante pour un éditeur Canadien voulant éviter les frais de transport jusqu’en Europe.


(*) parmi les personnes interrogées ou rencontrées pour cet état des lieux, nous tenons aussi à remercier : Patrick GAMBACHE, Responsable du projet développement numérique du groupe Flammarion, Virginie CLAYSSEN, Directeur adjoint du développement numérique du groupe EDITIS, Xavier CAZIN, Directeur de l’Immatériel.fr et ancien directeur des éditions O’Reilly France, Véronique GRALL, Directeur Livres des éditions Elsevier/Masson, Jacqueline Pieters, consultante et formatrice pour l’édition et les arts graphiques.

Si vous recherchez, dans votre stratégie d’exportation du livre numérique et papier en France des imprimeurs ou compositeurs numériques, voici quelques adresses ressources :

Bookmark and Share

Categories

Digitization
France

Recent posts

03/15/2010

E-books et piratage (3/3) : quelles réponses apportent les éditeurs français ? (fin)

03/01/2010

E-books et piratage (2/3) : quelles réponses apportent les éditeurs français ?

02/16/2010

E-books et piratage en France : un état des lieux

02/01/2010

2010, année des grandes Manoeuvres pour le livre numérique en France

01/20/2010

Google et les irréductibles Gaulois

01/04/2010

Quels e-books (originaux) sous les sapins de Noël à Paris !

12/11/2009

Préparez votre offre e-books France pour Noël 2010 !

12/04/2009

Cairn, un acteur spécialisé pour exporter en Europe les sciences humaines et sociales (2/2

11/25/2009

Cairn, un acteur spécialisé pour exporter en Europe les sciences humaines et sociales (1/2

11/05/2009

Des subventions pour les projets d’édition numérique francophones

10/07/2009

Voici des petites « brèves »

09/30/2009

Quoi de neuf du côté du livre numérique en France

05/01/2009

Bienvenue sur le blogue export de l’AELC.

04/30/2009

La place des libraires dans la chaîne du livre numérique

04/30/2009

La place des libraires dans la chaîne du livre numérique

04/29/2009

Eyrolles et le numérique: un exemple à suivre ?

04/20/2009

Le cas de l’agrégateur NUMILOG : portrait d’un acteur historique et emblématiq

04/13/2009

Le cas de l’agrégateur NUMILOG : portrait d’un acteur historique et emblématiq

04/06/2009

Un état des lieux de la production numérique en France

04/03/2009

Parlons livre numérique

03/31/2009

Vendre aux bibliothèques universitaires via Couperin : un modèle qui a déjà fait

03/25/2009

De quoi allons nous parler?

MARKET INTELLIGENCE | DIGITAL PUBLISHING | FUNDING | PUBLISHERS | TITLES | NEWS | ABOUT US