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Numérisation de votre fonds : l’impression à la demande aide à gérer la rotation des livres
Le domaine de l’édition du livre n’est pas le plus écologique. L’industrie du livre consomme énormément de papier – sans mentionner l’électricité – pour imprimer des livres mais il y a aussi du gaspillage lié aux politiques de retour des livres de l’industrie canadienne du livre; les éditeurs doivent imprimer plus de livres qu’ils peuvent s’attendre à vendre. Les invendus retournés par les détaillants moisissent trop souvent dans l’entrepôt de l’éditeur.
Non seulement les livres invendus représentent-ils du papier gaspillé et des dépenses d’impression inutiles, mais les frais d’entreposage s’accumulent tant que ces livres demeurent sur les tablettes de l’entrepôt. Selon Brian O’Leary et Ashey Gordon invités à la conférence O’Reilly Tools of Change en février 2010, les coûts d’un livre en stock (entreposage, frais de retour, frais de transport) qui se vend à moins de 50 exemplaires par année peuvent excéder les dépenses de fabrication du livre. L’éditeur finit par débourser davantage pour continuer à offrir au public un livre à rotation lente que pour fabriquer ce livre. Ainsi, pour des raisons financières, il se peut que ce livre ne soit plus accessible au public avant même que la demande se soit complètement tarie.
Il existe un certain nombre de solutions pour vous aider à éliminer le gaspillage nocif pour l’environnement et les coûts supplémentaires liés à l’impression et à l’entreposage d’un trop grand nombre de livres. La gestion prudente de l’inventaire et les tirages modérés peuvent être utiles, mais la plupart des éditeurs appliquent déjà ces principes. L’édition numérique est une solution évidente mais elle n’est ni pratique ni souhaitable pour tous les titres, et ce, pour de nombreuses raisons, notamment : l’importance du livre en tant qu’objet d’art, la difficulté de convertir certains livres au format numérique, un marché qui préfère les livres sur papier et l’incertitude entourant la vente des livres numériques.
L’impression numérique permet aux éditeurs de continuer à offrir des titres sans avoir à réaliser de gros tirages et à engager d’importants frais d’entreposage. L’impression à la demande, plus particulièrement, offre aux éditeurs la possibilité de conserver leurs livres dans des fichiers numériques, prêts à imprimer, et de n’imprimer ces titres qu’au besoin (modèle de l’inventaire zéro) ou en petites quantités (maintien de stocks restreints).
L’impression à la demande peut aider les éditeurs à conserver un fonds actif, à remplir de petites commandes et à gagner en flexibilité pour ce qui est des modèles d’impression. Vous avez besoin d’imprimer en gros caractères? Un bloc de cours personnalisé avec une nouvelle page couverture ? Une édition spéciale ? L’impression à la demande peut répondre à vos besoins. Il est même possible d’adapter les fichiers des ouvrages de fonds et d’en diviser le contenu en blocs en vue de participer à de nouvelles initiatives telles que des articles d’encyclopédie, l’affichage du contenu en ligne et les applications mobiles. Si vous imprimez un titre aux fins d’exportation, vous pouvez établir sur-le-champ le prix d’un titre imprimé à la demande en tenant compte du taux de change et assurer un prix équitable tant pour l’éditeur que pour le consommateur (sur combien de titres vendus en librairie trouve-t-on encore un énorme écart de prix par rapport au prix américain ?).
En général, l’impression demande ne saurait remplacer l’impression offset traditionnelle. Les technologies d’impression numérique continuent d’évoluer mais au niveau de la qualité, les différences entre les livres imprimés en offset et les livres imprimés à la demande sont encore perceptibles. Lorsqu’un tirage dépasse les 250 exemplaires par année, l’impression à la demande n’est pas plus rentable que l’impression offset. Cependant, en tant qu’option complémentaire à l’édition traditionnelle, l’impression à la demande occupe un créneau important. En plus des avantages financiers pour les éditeurs, les livres peuvent être offerts indéfiniment. Les ouvrages de fonds canadiens qui se vendent rarement – mais qui se vendent tout de même – ont une immense valeur culturelle et méritent d’être accessibles au public.
Julia Horel-O'Brien | 12/17/2010 | Numérique
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