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BookCamp Halifax
Nic Boshart | 06/15/2010 | Numérique
Dans une conversation téléphonique, quelques jours avant mon départ pour la côte est, j’ai mentionné à une connaissance que j’allais animer deux séances au BookCamp Halifax. Cette personne m’a félicité et m’a dit que je passerais pour un expert là-bas, ce qui voulait peut-être dire que :
a) je ne faisais pas figure d’expert à Toronto; et
b) l’édition numérique n’est pas très connue à Halifax.
Je suis d’accord avec le premier point; – je me considère comme un généraliste averti. Par contre, Halifax m’a tout appris.
Je ne vais pas reprendre chaque présentation, mot à mot, surtout que j’ai raté ce qui était (m’a-t-on dit) le meilleur exposé sur les bibliothèques parce que j’ai assisté à l’atelier d’ONIX comme je le fais CHAQUE FOIS; j’ai même presque tout raté de cette présentation parce que je tentais frénétiquement de joindre les gens à Toronto pour leur demander de fermer mon ordinateur de travail qui avait déclenché une boucle infinie de réponses automatiques. Mais je peux vous résumer très succinctement cet atelier : il faut avoir ONIX. Allez sur le site de BookNet et lisez tout à ce sujet. Si vous ne me croyez pas, lisez l’article de Mike Shatzkin.
Si vous ne me croyez toujours pas, allez travailler dans un lave-auto ou joignez-vous à une ligue de lutte amateure parce que vous n’avez absolument rien compris.
Alors! Ma première présentation, You Can’t Always Get What You Want: Authors, the Internet, and Self-Publishing From a Publisher’s Perspective, a été le point fort de ma journée. Mon partenaire d’édition, Robbie MacGregor, m’a rejoint sur l’estrade.
Depuis très longtemps, j’ai de grosses réserves au sujet de l’autoédition. Surtout à cause de ce que je considère comme un manque d’introspection chez les auteurs qui choisissent cette formule et de leur attitude face à l’édition qui serait une sorte de jeu et non une profession ou un regroupement de personnes attentives et dévouées, qui travaillent pour très peu d’argent et qui s’efforcent de faire les meilleurs livres possibles. Ces auteurs se sentent blessés lorsqu’ils essuient un refus et croient fermement que si leur manuscrit était publié, le monde découvrirait le prochain Cormac McCarthy ou une nouvelle Margaret Atwood.
Cela m’exaspérait, et c’est peu dire.
En tous les cas, c’est ainsi que je voyais les choses. Eh bien, j’avais tort. L’autoédition, qui à l’origine visait surtout à flatter la vanité des auteurs, s’est beaucoup transformée. Manifestement, cette formule se développe, même si, manifestement, elle n’est pas très passionnante.
Malheureusement, BookCamp était présenté le même jour que l’assemblée générale annuelle de la Writer’s Federation. Comme les écrivains n’étaient pas nombreux dans l’auditoire, nous avons concentré sur ce que sera, à notre avis, le rôle de l’éditeur dans l’avenir et sur la place de la maison d’édition traditionnelle dans ce nouveau monde de l’édition facile. Lulu, Smashwords, Espresso machines – terrible et troublant pour les éditeurs puisque ces nouveaux acteurs prennent en charge au moins un tiers de ce que nous faisons, soit, créer et diffuser un livre. Les auteurs héritent d’un autre tiers du travail, le marketing, par le biais des réseaux sociaux en ligne; ils doivent en outre s’occuper de leur calendrier d’entrevues, tout cela dans l’indifférence générale de l’éditeur. Je parle ici des grandes maisons. Indies dorlote ses auteurs.*
Et le dernier tiers? Le travail éditorial. Encore une fois, tend à disparaître. Très souvent, les grandes maisons ne veulent pas consacrer les ressources nécessaires pour faire un travail sérieux de révision.* Et nombre d’auteurs pensent que leur livre n’a pas besoin d’être relu, révisé et corrigé ou ont demandé à un ami pas expert du tout ou à un membre de leur famille de « regarder le texte » pour eux. C’est absurde! Le métier d’éditeur est très exigeant et demande des compétences précises. Je sais que votre sœur a très bien réussi en sociologie à l’Université Western mais cela ne signifie pas qu’elle ait mémorisé le plus récent guide stylistique.
De plus, votre beau-père fait de l’aquarelle vraiment pitoyable – il n’a rien d’un concepteur de livres. Ni vous non plus. Si vous avez une maquette, mettez-la devant l’écran. Vous voyez? C’est terrible. Ciel – qu’est-il arrivé aux marges? La photo du devant est floue. Cette police, c’est Comic sans?
Ce que nous avons fait pour Invisible, c’est de créer un réseau informel d’experts. Une maison d’édition entièrement en ligne, qui partage les revenus entre les concepteurs, les réviseurs, les éditeurs, etc. Peut-être bien que l’entreprise est communautaire; peut-être que nous lisons tous les billets de blogues et le baratin publicitaire, puis nous décidons sur quels livres nous voulons travailler. Nous formons des groupes intéressés à faire et à vendre un roman de science fiction époustouflant, l’un de nous l’écrit, un autre le révise, un autre encore se tient sur la place publique et crie « HÉ TORONTO, IL FAUT LIRE CE LIVRE ».
Alors, avons-nous tout simplement refait le Cursor de Richard Nash? Oui. Nous avons en quelque sorte repris son projet. Mille excuses Richard!
Dans l’idéal, cette méthode de travail élimine les mauvais livres. Je comprends maintenant que ce que j’ai contre l’autoédition et la raison pour laquelle j’évite de lire les livres autoédités, c’est que très souvent les auteurs qui se publient eux-mêmes ne font pas leur travail. Les écrivains écrivent. Ils doivent laisser l’éditeur s’arranger avec les mots, les concepteurs faire en sorte que le livre soit bien présenté et les responsables du marketing lancer le produit. Vous ne pouvez pas publier un bon livre par vous-même uniquement.
« Et Terry Fallis », me direz-vous! « Et William P. Young! The Joy of Cooking! »
Vous et eux, c’est différent. De plus, imaginez qu’ils aient accès à un réseau collectif de personnes compétentes qui pourraient les aider maintenant? Les amis de William Young ont en fait fondé une maison d’édition pour le publier et ils ont fait du bon travail. Les quatre premiers manuscrits de Stephen King ont été refusés; pouvez-vous imaginez le collectif King? Un réseau mondial d’auteurs, de concepteurs et d’éditeurs de romans d’horreur?
Plus précisément, où sont les auteurs autoédités dont les livres se i vendent mais ne sont pas nécessairement de gros succès? Ah oui, il n’y en a pas… seulement des auteurs à succès qui percent soudainement – parce pas assez de gens ont le soutien nécessaire. Puis vint Internet…
Je n’ai pas l’intention d’ « aller à la pêche » sur le site de Smashwords, bien que l’idée soit alléchante. Je vais surveiller Cursor de près et peut-être que la prochaine fois que Litté McAuteur m’appelle, je ne serai pas aussi brusque. À moins qu’il ne me provoque… ce qui n’est pas bien.
* Je pense que beaucoup de gens sont portés à mettre tous les éditeurs dans le même panier. Indies est très différent des grandes maisons et il faut toujours faire la distinction. Indies ne vous donnera pas une grosse avance, mais l’éditeur vous donnera certainement beaucoup d’amour et d’attention.
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